Archives pour septembre 2007

La réunion de Japy contre les franchises médicales

30 septembre 2007

Contrairement à ce qu’a pu claironner France Info en fin de journée hier (samedi 29), la réunion du gymnase Japy contre les franchises médicales a été un succès numérique au-delà de « quelques centaines » . Pour preuve, les militants parisiens qui ont diffusé en tract la déclaration du 16 septembre des signataires de l’appel « le droit de grève n’est pas négociable ! » avaient épuisé les 1000 exemplaires à 15H30 (L’initiative commençait à 14H) ! On aurait tiré ce tract à plus de 2000 exemplaires, on les aurait épuisé à 16H30 !

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Réponse à un blogueur UMP

26 septembre 2007

Un blogueur UMP nous a écrit ce qui suit. Nous lui répondons.

Alexandre ( site web : alexwebfrance.wordpress.com)

L’objectif final de Sarkozy avec le “service minimum” c’est d’interdire le droit de grève dans les entreprises.

>> c’est de la manipulation de l’information pour vous faire passez encore pour des victimes de la société. En bon utilisateurs que je suis des entreprises, je vais le dire clairement, et sans langue de bois, les “greves”, les “blocages”, sa me fait chier. Parce que moi je bosse aussi, et j’ai pas à être en retard à mon boulot par des petits syndicalistes extrémistes.

Que vous défendiez une cause, c’est tout à fait normal. De faire grève aussi. Nicolas Sarkozy n’a jamais affirmé vouloir fermer le droit de grève, c’est faux, et seul la gauche syndicaliste, le pense. Il a d’ailleurs rappeler hier, que c’est un droit. Et rien ne changera dessus.

Personnellement, je pense que la grève doit être encadrée, et pas faire grève pour un rien comme on fait aujourd’hui, on a bien vu pour le CPE.

Enfin, le service minimum, c’est bien pour les gens qui veulent bosser..

sept 21, 12:41

Notre réponse

Cher Alexandre,

Vos arguments sont un peu courts !

Quand nous disons que l’objectif final de Sarkozy est d’interdire les grèves dans les entreprises, nous nous fondons sur des déclarations explicites, toutes citées au début de l’appel “Le droit de grève n’est pas négociable !”.

Il ne s’agit donc pas de manipulation pour jouer les “victimes de la société”. Surtout que la société, c’est nous. La société, ce sont majoritairement, massivement, les salariés, actifs, chômeurs, retraités ou en formation. Et c’est la société qui est victime de ceux, essentiellement le patronat -plus exactement le capital, car ce qui est en cause ce ne sont pas les personnes mais c’est un système social, qui manipulent les mots en disant qu’ils “veulent bosser” : en fait, ils veulent faire bosser les autres pour eux, nuance !

C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a des grèves, qu’il y en a eu d’ailleurs avant le droit de grève, et qu’il y en aura encore si ce droit est supprimé ou, comme vous dites, “encadré”.

Car de quel encadrement parlez-vous ? Si le CPE était “un rien” pour lequel la grève ne doit pas être admise, il y a du souci à se faire : la société, sans aucun doute, ne se laissera pas faire !

Un dernier mot. Si vous même vous bossez, comme salarié, malgré votre jeunesse et vos positions politiques, alors vous avez des intérêts communs avec tous ceux qui bossent, dont le travail, loin d’être un “coût” comme le disent les patrons, crée plus de valeur qu’il n’en coûte. A ce titre, vous avez des droits -retraite, sécurité sociale, conditions de licenciement, niveau des salaires, reconnaissance des diplômes et des qualifications, congés payés, congés maladie, droit d’expression et droits syndicaux- qui ont tous été conquis par qu’il y a eu des grèves. Même si vous êtes indépendants ou petit patron, d’ailleurs, la plupart de vos droits sociaux proviennent encore de ceux des salariés.

Donc, la grève, c’est un droit, et c’est bien pour ceux qui bossent ! Car pour pouvoir faire grève il faut bosser ! Et parfois même il faut faire grève pour pouvoir bosser. Et puis, la grève, croyez-nous, c’est du boulot !

Cordialement,

les animateurs du site Droit de grève.

 

France: The right to strike is not negotiable!

24 septembre 2007

La camarade Vicky Morris, signataire de l’appel, journaliste et syndiquée au NUJ (National Union of Journalists – GB) nous a aimablement fait parvenir une traduction en langue anglaise de l’appel “Le droit de grève n’est pas négociable !”. Nous l’en remercions vivement.


The text below is a translation of an appeal against French president Nicolas Sarkozy’s plans to attack French workers’ right to strike; it is addressed mainly to the trade union federations urging them to fight, and to fight together. The signatories see attacks on French workers’ rights to organise as Sarkozy’s preparation for an all-out assault on workers’ social conditions.

To read the appeal in French and to sign it visit http://droitdegreve.wordpress.com/

The ultimate aim of Sarkozy with the “minimum service” is to ban the right to strike in all workplaces. The following quotes give the game away: “To whoever is against the obligatory strike imposed by a minority, I propose democracy by the obligatory organisation of a secret ballot in the week following the start of any industrial dispute.” (N. Sarkozy, [public meeting in] Agen, 22 June 2006). “These new rules will apply first of all in the enterprises providing a public service, in the universities and government.” (Xavier Bertrand  La Tribune, 29 January 2007). “The secret ballot would start in the public sector and could be extended more generally to the private.” (Rachida Dati, 1 February).

They speak to us of “democracy”, but the reality of the labour market is the obligation to sell our labour power or to be unemployed, an obligation imposed by a minority: the capitalist minority. The consequence of this in the workplace is that the bosses have all the power. Every genuine strike is a forced strike against this prevailing order: it is never without its price. Picket lines are often the only way that the majority can, when it wants to, conduct a strike. And that is what many young people also, in their schools and colleges, learned in the struggle against the first employment contract [Contrat première embauche (CPE)] in 2006. Without picket lines this victory for democracy which the withdrawal of the CPE represented could not have been achieved. If we let them get away with this, they will not stop there.

In Britain Thatcher imposed the secret ballot, under the control of a government official, before any strike, and outlawed industry-wide and solidarity strikes. In the 19th century the right to strike was won by illegal and violent strikes and it could not have been otherwise. Since then, it is a constitutional right, albeit a right which is also always difficult to exercise, particularly by private sector employees.

The government’s plan is clear:

1.      Establish “through dialogue” a minimum service in transport and education, before the end of 2007 in transport at least, to say little of their plan for the private sector workforce aimed at dividing them from public sector workers. According to the statistics of the SNCF [French state railway] itself, 3% of non-running trains are due to strikes. The fewer strikes there are, the later the trains will run, because attacks on public service will multiply.

2.      In 2008, if they have got the laws in place, they will be able to try and break any strike of train drivers to defend their pension regime, the last bastion along with workers in electricity and gas of the right to retire after 37.5 years of contributions: they could try to suspend and sack the recalcitrants.

3.      Having thus altered the balance of class forces, they will then impose, over the course of 2008, the “personal contract”, facilitating redundancies in the big enterprises and shutting off the right to strike everywhere, in order to impose a complete dictatorship in the workplace.

But they know that in reality they will be widely opposed in this, they know that the workers will decide to fight, and they fear that a showdown over the right to strike could become a head-on collision in which it could be the French working class that is defeated, or it could be Sarkozy.

The right to strike is not negotiable. … In light of this, we call on the trade union federations CGT, FO, CFDT, FSU, UNSA CFTC, CGC and Solidaires to demand the withdrawal of the plan for a minimum service and the threat to the right to strike, and on this basis to develop a united resistance across the whole union movement.

 

Rencontre des signataires de l’appel Le droit de grève n’est pas négociable.

24 septembre 2007

Rencontre du 16 septembre des signataires de l’appel Le droit de grève n’est pas négociable.Compte-rendu de Vincent Présumey

La rencontre des signataires de l’appel Le droit de grève n’est pas négociable s’est tenue le dimanche 16 septembre à Paris. Elle a réuni : Albin Chazalet (militant CGT Hospitaliers), Olivier Delbeke, (responsable CGT à l’IGN), Claude Monnier (retraité de la RATP et gréviste à Renault en 1947), Jean Ribes (du SNESUP-FSU, Etienne Valyi (SNASUB-FSU), Marie-Claude Debrion (militante de SUD), Laurent Quinson (SNASUB-FSU), Stéphane Fustec (responsable de l’Union Syndicale CGT Commerce et Services de Paris), Marie-Noelle Pichon (militante CGT), Lucienne Ribes (retraitée), François Ferrette (responsable national du SNASUB-FSU, tendance Unité et Action), Emile Fabrol (responsable CGT dans les Services publics), Rémi Lovati (militant CGT à l’IGN), Pascal Contejean (de l’Union locale CGT des Ulis), Sylvie Bonnin (secrétaire du syndicat FO au Conseil général de l’Allier), Jean Poussin (retraité Force ouvrière), Vincent Présumey (secrétaire départemental de la FSU de l’Allier).
A partir d’une brève analyse de la situation politique -Sarkozy passe à l’attaque, l’opposition officielle et les directions syndicales ne répondent pas centralement c’est le moins qu’on puisse dire, notre appel à notre échelle a eu un succés important et nous donne dans cette situation des responsabilités- et de quelques propositions -former des comités sur l’abrogation de la loi anti-grève, expliquer que celle-ci est au centre de l’offensive de Sarkozy, recenser et amplifier toutes les positions syndicales pour l’abrogation de cette loi, contacter les grévistes du gouffre de Padirac et la CGT de Goodyear à Amiens qui a refusé le référendum voulu par la direction sur le passage aux 4/8 avec suppressions d’emplois, contact avec des camarades britanniques qui en savent un brin en matière de lois anti-grève …- une discussion trés dense s’est développée.

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Grève nationale chez le constructeur américain General Motors

24 septembre 2007

Commentaire : là-bas aussi on encourage beaucoup en haut lieu la concertation pour paralyser le mouvement syndical…

LEMONDE.FR avec AFP et AP | 24.09.07 | 19h28  -  Mis à jour le 24.09.07 | 19h38L’échec des négociations sur le renouvellement du contrat salarial d’entreprise entre le constructeur automobile General Motors (GM) et ses salariés a débouché sur un mouvement de grève touchant plusieurs usines, lundi 24 septembre. Près de 73 000 employés de GM ont cessé le travail et commencé à installer des piquets de grève devant des usines dans le Michigan, l’Ohio et le Kansas, à l’appel du syndicat United Auto Workers (UAW).Le contrat salarial, obtenu en 2003, a expiré le 14 septembre et était reconduit d’heure en heure depuis. La direction et le syndicat ont continué à discuter après l’expiration, avançant même sur certaines questions comme celle de la protection sociale des retraités du groupe. L’UAW avait prévenu qu’une grève serait décrétée si un accord n’était pas trouvé lundi à 11 heures, heures locales (17 heures, heure de Paris).

“NÉGOCIATIONS DIFFICILES”

“Nous sommes choqués et déçus que GM n’ait pas voulu reconnaître ni apprécier la contribution de nos membres au cours des quatre dernières années”, a déclaré le patron de l’UAW, Ron Gettelfinger, mettant en cause l’intransigeance de GM sur les concessions salariales. General Motors s’est dit déçu par le mot d’ordre du syndicat. “Les négociations impliquent des sujets complexes, difficiles, qui concernent la sécurité de l’emploi de nos effectifs américains et la viabilité à long terme de l’entreprise”, a déclaré le groupe, dans un communiqué diffusé lundi.

Le géant automobile n’avait pas connu de mouvement social depuis 1998 et l’UAW, influent syndicat de l’automobile, n’avait pas appelé à la grève dans le cadre d’une renégociation sociale depuis 1976. Preuve de l’importance de cette grève, la Maison Blanche a tenu à encourager “à la fois l’entreprise et l’UAW à continuer à travailler pour aplanir leurs divergences”.

Echos du SNASUB-FSU

21 septembre 2007

La direction nationale du SNASUB réunie le 12 septembre 2007 a émis un vote très majoritaire sur une motion “action” demandant, parmi plusieurs revendications, l’abrogation de la loi sur le service minimum. La motion se termine par :

le SNASUB décide d’une campagne d’information sur l’ensemble de ces questions et de préparation à l’action nécessaire, en proposant aux personnels de se réunir en assemblées générales et d’en débattre. Il s’adresse à la fédération pour que des initiatives d’action nationale, de grève et de manifestation unitaire, dans le système éducatif, dans la fonction publique et à l’échelle interprofessionnelle soient décidées dans les meilleurs délais“.

Réunion du 16 septembre 2007 des signataires de l’appel

19 septembre 2007

Les participants à la réunion des signataires de l’appel de défense du droit de grève du 16 septembre 2007 constatent que Sarkozy et Fillon ont annoncé que leur offensive visant les droits de tous les travailleurs à travers la destruction des régimes de retraite dits spéciaux commence cet automne et n’attendra pas 2008.

Si Sarkozy veut faire cela, c’est pour battre tous les salariés, baisser les salaires, imposer le “nouveau contrat de travail” voulu par le Medef contre les CDI, faciliter les licenciements, et en matière de retraites nous mettre tous au delà de 40 annuités pour avoir une retraite à taux plein et au delà des 25 meilleures années pour le calcul de ce taux …

Les travailleurs concernés par les régimes dits spéciaux ne sont pas des privilégiés : outre le niveau élevé de leurs cotisations, leur taux de retraite et leur droit aux 37,5 annuités sont les derniers restes du droit commun de tous, détruit par les lois scélérates de Balladur en 1993, Juppé en 1995 et Fillon en 2003.

Une première loi anti-grève, qu’ils veulent étendre à tous les travailleurs, a été adoptée cet été par la majorité UMP du Parlement, qui instaure un état d’exception dans les transports terrestres de ferroviaires et routiers voyageurs . Cette loi n’a pas encore été testée sur le terrain : pour casser les retraites et le statut des cheminots, elle va être testée.

La seule possibilité pour Sarkozy de battre les cheminots, c’est qu’ils soient isolés. Toute la classe ouvrière, tous les salariés, l’ensemble de la jeunesse, sont concernés. En 2006 le rejet unanime du CPE par toutes les organisations syndicales et leur refus de “négocier” a joué un rôle décisif dans la mobilisation victorieuse. Les organisations syndicales ne doivent participer en aucun cas aux multiples négociations et concertations qui doivent désormais mettre en place entreprise de transports par entreprise le “service minimum” c’est-à-dire désigner les catégories de travailleurs astreints à se déclarer grévistes 48 heures à l’avance, pas plus qu’aux pseudo-négociations sur le “dialogue social” prévues par la loi pour la faire appliquer dans la branche transport. Les syndicats ne sont pas mandatés par les patrons et par le gouvernement pour appliquer leurs plans mais par les travailleurs pour défendre leurs revendications.

Bloquer l’offensive de Sarkozy exige de préparer un affrontement d’ensemble de toute la classe ouvrière contre le gouvernement et l’ensemble de sa politique, et, pour ce qui concerne les retraites, pour le retour aux 37,5 annuités pour tous.

Nous appelons donc à poursuivre la signature de l’appel Le droit de grève n’est pas négociable et, pour l’abrogation de cette loi, pour la mobilisation unie en défense du droit de grève, contre Sarkozy, à la formation de comités locaux ou sectoriels pour préparer le combat d’ensemble. Le bulletin de discussion des signataires, ouvert à toutes les contributions de ceux-ci, se fera l’écho de la formation de ces comités.