Archives pour novembre 2007

Après la grève des transports

25 novembre 2007

N’en doutons pas : après la grève des cheminots et des traminots, la question du soi-disant “service minimum” va être plus que jamais au centre, la loi anti-grève dans les transports terrestres devant s’appliquer au 1° janvier 2008. Cheminots et traminots restent déterminés mais sont évidemment affaiblis, il serait irresponsable de le nier. Or, les délais de “négociation” sur les régimes spéciaux, acceptés préalablement par les fédérations qui sont entrées dans cette soi-disant “négociation” le mercredi 21 novembre, conduisent tout droit à janvier 2008.

Dans les entreprises publiques SNCF et RATP, les négociations sur le service minimum, officiellement (nous ne sommes évidemment pas au courant de négociations secrètes possibles …), n’ont pas commencé. De fait, dans la stratégie du gouvernement, les pseudos “négociations” sur les régimes spéciaux ont plus d’importance et l’implication des fédérations dans celles-ci a la même signification politique.

Dans les autres entreprises de transports terrestres, depuis le 5 octobre (voir site Droit de grève, http://droitdegreve.wordpress.com/page/3/ ) toute “négociation” nationale est au point mort. La fédération CGT des transports le souligne, tout en diffusant une brochure non pas fédérale, mais confédérale, qui préconise de participer aux “négociations” pour “rendre inopérantes les dispositions de la loi menaçant le droit de grève“, tout en demandant que celles-ci aient lieu au niveau de la branche et en appelant les syndicat à ne pas participer à des négociations locales ou d’entreprises avant que des négociations de branche soient engagées. Or, répétons-le, celles-ci sont au point mort (officiellement).

Envers les entreprises de cars comme la Connex, des chartes de service minimum apparaissent dans les collectivités locales. Pour autant que nos informations nous permettent de l’indiquer, les élus locaux, généralement confrontés à ces questions lors de réunions de syndicats intercommunaux, communautés de communes ou d’agglomérations, votent pour le “”service minimum” quand ils sont de droite, s’abstiennent ou refusent de prendre part au vote quand ils sont PS, votent contre quand ils sont PCF. Mais dans tous les cas, la chose se fait avec une discrétion exemplaire ! Nous appelons nos lecteurs à nous envoyer et à envoyer au site Droit de grève toute information sur ces “négociations” locales discrètes, qui y dit quoi réellement et qui y participe ou non.

Bref, une constatation résume tout : la préparation de l’application de la loi anti-grève dans les transports au 1° janvier prochain se fait dans l’opacité et le secret !

C’est à la fois pour nous un danger et un encouragement. Un encouragement, car cela montre qu’ils ont dû mettre la sourdine, mais sans renoncer à rien.

Ce qui est regrettable est que les confédérations, sans parler des partis de gauche, n’aient évidemment pas mis à profit la période des grèves du 18 octobre, du 20 novembre, des cheminots et des traminots, pour mettre cette question en pleine lumière. Ce sont l’Etat et les patrons qui veulent l’ombre, les travailleurs, eux, ne craignent pas la lumière et la transparence. Faire la lumière à fond, le 18 octobre et le 20 novembre, alors que les “négociations” sur cette question étaient soient suspendues (cars) soit non engagées (trains), aurait fait sauter le plan d’application de la loi. C’est comme ça qu’on aurait “rendu inopérantes les dispositions menaçant le droit de grève” …

Mais quand on ne veut pas centraliser le combat contre Sarkozy alors on tait les principaux axes de sa stratégie … surtout si on s’apprêtait à “négocier” sur les bases du gouvernement contre les régimes spéciaux …

Dans ces conditions, l’initiative de la section départementale de la FSU de l’Allier, de soutenir l’appel Le droit de grève n’est pas négociable, de diffuser à ce sujet un tract dans la manifestation du 20 novembre appelant à la 3° réunion du comité de mobilisation pour l’abrogation de la loi anti-grève dans les transports terrestres, doit être soulignée car elle fut de fait l’une des rares à rompre ce silence.

Une quarantaine de participants, responsables FSU bien entendu, mais aussi CGT (usine Potain, TOSS et éducation nationale), FO (Poste, Département, Equipement, Préfecture), SUD, militants communistes, socialistes, Verts, et aussi bien sûr des travailleurs et des citoyens “de base” dont plusieurs cheminots et retraités cheminots, des intermittents, des enseignants, des employés communaux … ont discuté de la loi anti-grève et de la situation politique et sociale. Il est apparu que beaucoup de gens connaissent en fait cette loi et s’en préoccupent, et reprochant aux syndicats de ne pas avoir assez donné l’alerte à son sujet. L’accord s’est fait sur l’importance extrême de cet enjeu dans la prochaine période. Lecture a en outre été donnée de l’appel de la Coordination étudiante de Tours, seul texte à donner une perspective aux mouvements sociaux au delà du mardi 20. Rendez-vous a été pris pour le 3 décembre où une conférence de presse se tiendra sur la défense du droit de grève.

Relançons la bataille, elle est centrale !

Massacre du code du travail dans le silence général

25 novembre 2007

Par Gérard Filoche inspecteur du travail.
Vendredi 23 novembre 2007

Le code du travail va être réécrit en quelques heures à l’Assemblée nationale, le 27 novembre et le 4 décembre.

En 2005, une commission de cinq «rédacteurs» avait été mise en place et il était prévu de publier le nouveau code en mai-juin 2006 si la grande mobilisation victorieuse contre le CPE ne l’avait empêché. Au forcing, l’UMP a glissé dans la loi «sur le développement de l’actionnariat salarié», publiée le 30 décembre 2006, un «cavalier parlementaire», l’article 57, renouvelant les délais du 1er janvier au 30 septembre. Puis le ministre Gérard Larcher a annoncé qu’ils allaient le passer avant la présidentielle. Tous les syndicats ont protesté : «Ne faites pas de coup de force, pas à marche forcée !» Mais Larcher, Villepin, Chirac et Sarkozy l’ont imposé quand même, le 7 mars, en Conseil des ministres. On a donc pu, dans ce pays, en dépit de l’opposition totale des syndicats, changer le code du travail de fond en comble.

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Un article à lire sur le site Chronique Ouvrière

21 novembre 2007

Nous signalons un article d’analyse juridique de la loi dite “du service minimum” mais qui est en fait une loi anti-grève dont l’adoption est à l’origine de notre pétition “Le droit de grève n’est pas négociable !” :

Titre :

La loi du 21 août 2007 : un texte visant à sauvegarder les intérêts des voyageurs ou à organiser la continuité de la remise en cause du droit de grève des travailleurs des transports ?

Article du mercredi 7 novembre 2007 par Pascal MOUSSY

Source : http://www.chronique-ouvriere.fr/spip.php?article38

 

Information des cheminots en grève de Thionville et de leur syndicat CGT (19 novembre 2007)

21 novembre 2007

Le gouvernement et la direction de la SNCF, aidés de syndicalistes de pacotille, ont essayé de faire passer la réforme des régimes spéciaux sans la grève : ils ont la grève et la réforme ne passe pas.

Maintenant chacun sait que si les négociations débutent sans que les trois principes (Voir courrier du syndicat CGT des cheminots de Thionville à la fédération CGT des cheminots, reproduit ci-dessous) qui fondent notre régime de retraite actuel soient garantis, la réforme passera au détriment de tous les cheminots. Actuellement ces trois principes sont passés à la trappe et ne font pas partie des négociations futures.

Alors, pour réussir leur coup, ils nous promettent maintenant un mois de négociation, soit jusqu’à la veille de Noël. Ensuite, ce sera la période des fêtes, puis le mois de janvier – l’un des plus longs mois de l’année pour les petits salaires – Nous ne serons donc plus, comme aujourd’hui, en mesure de faire grève si ces trois principes ne sont pas respectés à l’issue de « leurs négociations ». La grève ne se décrète pas…pas plus que son interruption/suspension cédétiste d’ailleurs …

Aujourd’hui, on est en grève et on y reste tant que des assurances ne nous sont pas données relativement à ces trois principes. Il n’y a pas besoin d’un mois pour les garantir. Dix minutes y suffisent. Ils ont bien dix minutes à nous consacrer…nous on leur consacre toutes nos journées depuis le 14 novembre, plus toutes celles à venir…

Dès aujourd’hui, nous invitons tous les cheminots à quitter leur locomotive, leur train, leur bureau, leur poste, leur atelier et leur chantier pour nous rejoindre dans la grève : c’est le seul moyen d’être entendu.

Si nous sommes forts et déterminés, c’est tous ensemble que nous gagnerons. Plus il y a de la volonté plus il y a de nous !

Courrier du syndicat CGT de Thionville à la fédération CGT des cheminots (15 novembre 2007)

Le courrier du ministre du 14 novembre 2007 invite les organisations syndicales, dont la fédération CGT des cheminots, à négocier « dans chaque régime spécial et dans le respect des principes d’harmonisation les propositions concrètes des directions comme des organisations syndicales ».

En tout état de cause, pour ce qui concerne la présente assemblée générale, trois principes constituent un préalable impératif avant d’entrer en négociation. Ces trois principes doivent donc être garantis, par la direction, avant que la négociation ne s’engage. Il s’agit :

- Du taux de remplacement annuel qui doit rester à 2%

- De l’absence de pénalités et de décotes

- Du maintien de l’indexation des pensions sur les salaires des actifs.

Vous en souhaitant bonne réception et, dans l’attente.
Fraternellement.

Infos transmises par les camarades de La Commune.

 

Appel “Grèves solidaires”

18 novembre 2007

Nous signalons le lancement d’un appel intitulé “Grèves solidaires” que l’on peut lire et suivre à l’adresse
http://solidarite-greves.over-blog.com/

Texte de cet appel :

Les grèves de 1995, les mobilisations sociales de 2003, le « Non » de 2005 au Traité constitutionnel européen, le mouvement contre le CPE de 2006 ont contribué à freiner en France la contre-réforme libérale qui l’a emporté partout en Europe. Aujourd’hui, Sarkozy et son gouvernement veulent faire de la grève des cheminots et du mouvement dans les universités un test. S’ils parviennent à les briser, ils espèrent avoir les mains libres pour faire passer au pas de charge le train de réformes annoncé sur le droit du travail, sur le système de santé, sur la protection sociale.

Ils engagent pour cela une bataille d’opinion visant à diviser et opposer ceux qui se lèvent tôt à ceux qui sont supposés se prélasser sur le mol oreiller de l’assistanat, le secteur privé au secteur public, les méritants aux récalcitrants, les étudiants studieux aux insoumis.

C’est pourquoi l’offensive gouvernementale commence par la remise en cause des régimes dits « spéciaux » présentés comme un privilège contraire à l’égalité, mais elle se poursuivra par l’augmentation pour toutes et tous de l’âge de la retraite, par la privatisation des services de santé et des assurances contre la maladie et la vieillesse, au détriment de la protection sociale par répartition.

Les cheminots ne luttent pas seulement pour défendre un droit à la retraite obtenu en raison de la pénibilité de leur travail. Ils luttent aussi, comme les employés du métro, les postiers, les électriciens, les personnels de santé, les enseignants, pour défendre ce qui reste de service public contre la concurrence débridée de tous contre tous. La double défense de la solidarité sociale et des conditions de l’autonomie de chaque individu passe au contraire par un partage du temps de travail sans perte de salaire, par le maintien du droit d’accès à la retraite égal dans le privé et le public, tenant compte de la pénibilité du travail, par un retour aux 37,5 annuités pour tous.

En soutenant les mobilisations des salariés, la communauté universitaire ne fait pas seulement acte de solidarité. La loi mal nommée d’autonomie des universités ne les soustrait aux tutelles étatiques que pour mieux faire croître parallèlement l’arbitraire bureaucratique et féodal de présidents d’universités imitant le management des entreprises privées, et la dépendance à l’égard des marchés. Elle amorce une logique de démantèlement de l’enseignement supérieur public, d’augmentation des droits d’inscription des étudiants, de fragmentation du corps enseignant, de subordination aux lois de la concurrence et aux caprices du marché du travail. Elle affaiblit le droit à l’étude et l’espace public d’éducation.

Tels sont les enjeux de la bataille sociale engagée.
C’est pourquoi, non seulement nous nous déclarons solidaires de la grève des cheminots et des universités en lutte, et manifesterons à leur côté, mais nous participerons à une mobilisation d’ensemble et à une convergence de ces luttes pour la journée de grèves du 20 novembre dans la Fonction publique et au-delà.
Les signatures sont à adresser à solidarite-greve@club.fr

Finlande : plus fort que …

18 novembre 2007

Finlande : plus fort que l’interdiction du droit de grève, l’interdiction de démissionner !

Visiblement, les gouvernements d’Europe se sont lancés dans un concours pour savoir qui sera le plus féru en matière de régression de la liberté des travailleurs !

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Faux-nez antigrèviste de l’UMP sur le Web …

14 novembre 2007

Le site Stop la grève ! assure l’intendance de l’offensive du MEDEF, de l’UMP et de l’UNI contre les droits des salariés.

Cà commence par ” Dites non à la dictature des syndicats en rejoignant et soutenant stop la grève !” et çà continue avec une eau du même acabit, faite de haine à l’égard des salariés et des étudiants, de leurs droits sociaux et de leurs moyens de défense, notamment le droit de grève et le syndicalisme.

Si vous voulez finir par adhérer à l’UMP ou à l’UNI, là où Sarkozy a usé ses culottes de politicien en herbe …

La rencontre des signataires de l’appel “Le droit de grève n’est pas négociable !” du 21 octobre.

6 novembre 2007

Avec un peu de retard …

La seconde réunion nationale des signataires de l’appel Le droit de grève n’est pas négociable, s’est tenue le dimanche 21 octobre. Beaucoup de camarades s’étaient excusés pour cette réunion où nous étions nettement moins nombreux que le 16 septembre : 2 de la région parisienne, 2 de l’Allier, 2 de Lyon.
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Grèves 3 : discussion sur le mois de novembre qui s’annonce.

5 novembre 2007

Outre l’appel des fédérations de cheminots, il y a pour novembre :

- l’appel de la CGT et de FO à la grève le mercredi 14 novembre à EDF et GDF, le lendemain donc du démarrage de la grève des cheminots (on doit savoir le 6 novembre si les fédérations CFDT, CFTC et CGC se joignent à cette appel).

- l’appel de toutes les fédérations de fonctionnaires à la grève le mardi 20 novembre, pour les salaires et la défense du service public. Cette grève de la fonction publique en novembre avait été annoncée début octobre par les fédérations de fonctionnaires contre la réalisation du Tous ensemble le 18 octobre. Mais la modification de la situation induite par ce que des secteurs du salariat ont réalisé le 18 octobre donne à la grève du 20 novembre toutes les chances d’être massive …

- le 23 octobre la commission exécutive de la fédération CGT de la Construction (bâtiment et travaux publics) a décidé d’appeler dans son secteur à la grève le même 20 novembre, sur les revendications suivantes : régime spécial de retraite pour les salariés concernés par la pénibilité dans la construction avec la retraite à 55 ans à taux plein, hausse des salaires avec plancher à 1500 euros bruts, 14° mois pour tous et suppression des franchises médicales. Notons que la formulation de la fédération du bâtiment sur les retraites, consistant à la lettre à revendiquer un “régime spécial”, devrait sembler aller encore plus à contre-courant du discours officiel que la défense des 37,5 annuités pour tous. Cela n’empêche pas la fédération de revendiquer, de dire que pour leur branche, le besoin des ouvriers, c’est de partir à 55 ans, et aussi de refuser de signer un accord salarial qui soit en dessous de la hausse de 20% des salaires réels à laquelle ils estiment avoir droit.

- dans le même temps les assemblées générales, qui ne regroupent pas encore la masse des étudiants loin de là, mais qui sont significatives, se multiplient dans les facultés contre la loi Pécresse.

Nous avons une accumulation d’appels branches par branches qui posent la question du Tous ensemble dont la majorité des militants ont compris qu’il est indispensable.

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Grèves 2 : l’appel à la grève à partir du 13 novembre à la SNCF

5 novembre 2007

Vers quel mois de novembre allons-nous ?

Prises entre le caractère impossible des “négociations” du gouvernement auxquelles elles cherchent pourtant à participer, et la poussée des cheminots qui ont eu le moral gonflé par leur unité du 18 octobre et la présence de la majorité de l’encadrement dans leur grève, les fédérations de cheminots, réunies à l’exception de la FGAAC le 31 octobre, ont fait une déclaration qui apparaît comme la menace d’une grève reconductible à compter du mardi 13 novembre.

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