Avec un peu de retard …
La seconde réunion nationale des signataires de l’appel Le droit de grève n’est pas négociable, s’est tenue le dimanche 21 octobre. Beaucoup de camarades s’étaient excusés pour cette réunion où nous étions nettement moins nombreux que le 16 septembre : 2 de la région parisienne, 2 de l’Allier, 2 de Lyon.
Une progression notable des initiatives et du regroupement permis par notre appel a pu être vérifiée, même si elle reste insuffisante compte tenu de la petitesse de nos forces :
- dans l’Allier, outre les signatures faites par contacts entre militants syndicaux, plusieurs signataires se sont rajoutées à l’occasion d’une réunion organisée par le Conseil régional à Montluçon sur le thème de la défense des TER (Trains Express Régionaux) et dans les manifestations du jeudi 18 octobre. Sur un total d’environ 150 signatures, figurent le député apparenté PS de Moulins Guy Chambefort ainsi que le responsable fédéral du PCF, un conseiller régional PCF, une conseillère régionale verte, l’adjointe PS au maire de Cusset (prés de Vichy) -qui n’ont pas signé en tant qu’élus mais en indiquant leur appartenance syndicale, mais dont la présence est bien sûr significative. Un grand nombre de militants CGT, y compris cheminots, ont signé bien que les responsables départementaux s’y refusent, expliquant que la CGT « combat déjà » la loi antigrève, et que la présence de la revendication du retour à 37,5 annuités pour tous dans le texte n’est selon eux pas opportune. A noter aussi que deux paysans, en tant que tels, ont tenus à signer. Nous nous orientons vers une réunion départementale du Comité de mobilisation pour l’abrogation de la loi anti-grève, vraisemblablement le 20 novembre.
- dans la région lyonnaise, nos camarades du groupe CCI(T) (comité communiste internationaliste trotskyste) qui ont repris l’appel avec un complément exigeant la rupture du « dialogue social » par les directions syndicales, ont réuni un comité à l’IUFM, de 9 personnes, qui est apparu dans la manifestation du 18 octobre avec une banderole où était inscrit : Contre les réformes de Sarkozy. Tous ensemble. Unité pour la grève générale, ainsi qu’un comité de personnels de l’INSA et un comité de personnels de la DDASS.
- à l’Institut Géographique National ainsi qu’à l’Union Locale CGT des Ulis, dont la secrétaire a signé l’appel Le droit de grève n’est pas négociable, la présence de signataires rend possible des initiatives.
- la déclaration de notre réunion du 16 septembre a été diffusée au rassemblement national du 29 septembre contre les franchises médicales et a connu un bon accueil. La même après-midi, se tenait un rassemblement de l’ « Appel des 500 », groupement impulsé par le PT (Parti des Travailleurs) ; un camarade a tenté d’y diffuser notre appel, mais le SO lui a expliqué que l’ « indépendance réciproque des partis et des syndicats » le lui interdisait, puisqu’il était là, paraît-il, dans une réunion « politique » alors que son appel était « syndical » !.. à moins que ce ne soit l’inverse. Ce qui ne manque pas de sel !
- dans le bilan de ce qui a été fait à partir de notre appel, et qui apparaît sur ce site, il ne faut pas oublier les contacts et informations internationaux, le message de soutien à un rassemblement tenu à Londres pour l’abrogation des lois anti-grève de Thatcher, et les infos allemandes, espagnoles et belges, qui montrent la dimension internationale et européenne de la question, et son importance.
La réunion du 21 octobre se tenait suite à la grève du 18, dont l’ensemble des présents tiraient un bilan positif en ce qui concernait la confiance en soi des travailleurs et le rapport de force avec Sarkozy, tout en en soulignant les limites car confédérations et fédérations ont voulu n’en faire qu’une journée sectorielle isolant la seule question des régimes spéciaux.
Sur cette base, deux points de vue se sont opposés, qui correspondent clairement aux deux méthodes suivies dans l’Allier et dans le Rhône. Dans l’Allier, la large champ syndical et politique des signatures recueillies nous conduisent à envisager une campagne publique pour l’abrogation de la loi anti-grève, regroupant largement. Dans le Rhône, nos camarades ont formé des comités où la question du droit de grève est intégrée à une campagne politique posant la question de la grève générale .
Les camarades de l’Allier (dont l’auteur de ces lignes) et certains camarades qui s’étaient excusés (François Ferrette, responsable du SNASUB-FSU, notamment) ne pensent pas que la « grève générale » puisse être mise immédiatement à l’ordre-du-jour, car le problème qu’elle soulève est celui d’une alternative politique à Sarkozy, dont la loi anti-grève n’est pas une attaque de plus, mais est une pièce absolument centrale ; et d’autre part ils pensent que l’explication massive de la stratégie de ce dernier, et la défense de la revendication des 37,5 annuités pour tous, dans un rapport de force qui est en train de se modifier progressivement mais qui reste marqué, forcément, par l’élection présidentielle, restent la tache prioritaire. Elle permet de poser les questions et d’engager les discussions, y compris sur la grève générale.
Les camarades du Rhône pensent que la priorité maintenant est d’affirmer la nécessité de la grève générale pour en découdre avec Sarkozy, expliquant que la formule « Tous ensemble plutôt que branches par branches » est pour eux insuffisante et susceptible de recouvrir de simples « journées d’action ».
Cette discussion est sérieuse et importante et, bien évidemment, nous sommes tous d’accord sur la nécessité d’en découdre avec Sarkozy. Mais il est vrai que ces appréciations différentes conduisent à ne pas donner la même importance à la campagne sur la question du droit de grève et de l’abrogation de la loi anti-grève en tant que telle. Pour les camarades de l’Allier, en accord sur ce point avec les premiers initiateurs de l’appel en juin, cette campagne doit être poursuivie et élargie, regroupant largement sur le seul point de l’abrogation de la loi tout en permettant de larges discussions sur les questions qu’elle soulève : grève générale, participation au « dialogue social », responsabilités des collectivités locales, débouché politique. Ainsi, il est tout à fait d’actualité de sortir des autocollants « Sarkozy : touche pas à mon droit de grève ! ».
L’auteur de ce compte-rendu représentant lui-même l’un des deux points de vue qui se sont confrontés dans la discussion du 21 octobre, il est inévitable que celui-ci soit subjectif, mais les camarades pourront évidemment apporter les précisions qu’ils souhaitent. A présent, après que la grève d’Air France ait montré les velléités patronales de casser le droit de grève, et alors que le mois de novembre va être important, puisque les fédérations de cheminots ont, pour l’heure, déposé un préavis de grève reconductible à compter du mardi 13 novembre, nous devons à la fois intensifier notre campagne et approfondir nos libres discussions, à la lumière de l’expérience des prochaines semaines.
Au travail !
V.Présumey.