Finlande : plus fort que l’interdiction du droit de grève, l’interdiction de démissionner !
Visiblement, les gouvernements d’Europe se sont lancés dans un concours pour savoir qui sera le plus féru en matière de régression de la liberté des travailleurs !
Le gouvernement finlandais fait voter une loi de réquisition contre les infirmières en conflit
LE MONDE | 17.11.07 | 15h14 • Mis à jour le 17.11.07 | 15h14
STOCKHOLM CORRESPONDANCE
Le gouvernement finlandais a opposé une loi de réquisition, adoptée, vendredi 16 novembre, au Parlement, à 12 000 infirmières qui menacent de démissionner lundi 19, en cas d’échec de leurs négociations salariales.
Le texte, adopté au Parlement avec 113 voix contre 68, doit permettre de forcer un certain nombre de soignantes à travailler même si elles décident de quitter leurs fonctions. Cela afin qu’un service minimum soit garanti pour les patients qui en ont le plus besoin, a expliqué Merja Kivinen, porte-parole du Parlement.
Tehy, le syndicat représentant les infirmières, demande 24 % d’augmentation salariale pour les deux ans et demi à venir. Les municipalités, qui sont les employeurs des soignantes, proposaient 9 % d’augmentation au total pour les employés municipaux et avaient accepté une rallonge de 2,6 % pour les employés du secteur des soins, mais le syndicat demande 15 % supplémentaires.
POURSUITES JUDICIAIRES
Il avance que le revenu moyen des personnels soignants en Finlande n’atteint que 83 % du salaire moyen de cette catégorie dans les pays de l’OCDE. Il demande que le revenu minimum des infirmières et physiothérapeutes s’élève, après augmentation, à 2 190 euros.
Les infirmières, qui envisagent de rendre leurs blouses lundi, ont choisi la voie de la démission collective car elles estiment que le service minimum applicable lors d’une simple grève affaiblit leur démarche.
La ministre de la justice, Tuija Brax, a indiqué que les infirmières réquisitionnées dans le cadre de l’application de la loi qui refuseraient de travailler s’exposeraient à des poursuites judiciaires, ajoutant qu’il était peu probable que cela se produise. La Finlande a commencé à évacuer vers la Suède un petit nombre de patients jugés à risque. Des transferts à bord d’avions spécialisés dans les transports de patients ont également été prévus au cas où les menaces des infirmières seraient mises à exécution.
L’armée a fait savoir qu’elle était prête à mettre à disposition personnel et équipements médicaux. - (Intérim)
Article paru dans l’édition du 18.11.07.