N’en doutons pas : après la grève des cheminots et des traminots, la question du soi-disant “service minimum” va être plus que jamais au centre, la loi anti-grève dans les transports terrestres devant s’appliquer au 1° janvier 2008. Cheminots et traminots restent déterminés mais sont évidemment affaiblis, il serait irresponsable de le nier. Or, les délais de “négociation” sur les régimes spéciaux, acceptés préalablement par les fédérations qui sont entrées dans cette soi-disant “négociation” le mercredi 21 novembre, conduisent tout droit à janvier 2008.
Dans les entreprises publiques SNCF et RATP, les négociations sur le service minimum, officiellement (nous ne sommes évidemment pas au courant de négociations secrètes possibles …), n’ont pas commencé. De fait, dans la stratégie du gouvernement, les pseudos “négociations” sur les régimes spéciaux ont plus d’importance et l’implication des fédérations dans celles-ci a la même signification politique.
Dans les autres entreprises de transports terrestres, depuis le 5 octobre (voir site Droit de grève, http://droitdegreve.wordpress.com/page/3/ ) toute “négociation” nationale est au point mort. La fédération CGT des transports le souligne, tout en diffusant une brochure non pas fédérale, mais confédérale, qui préconise de participer aux “négociations” pour “rendre inopérantes les dispositions de la loi menaçant le droit de grève“, tout en demandant que celles-ci aient lieu au niveau de la branche et en appelant les syndicat à ne pas participer à des négociations locales ou d’entreprises avant que des négociations de branche soient engagées. Or, répétons-le, celles-ci sont au point mort (officiellement).
Envers les entreprises de cars comme la Connex, des chartes de service minimum apparaissent dans les collectivités locales. Pour autant que nos informations nous permettent de l’indiquer, les élus locaux, généralement confrontés à ces questions lors de réunions de syndicats intercommunaux, communautés de communes ou d’agglomérations, votent pour le “”service minimum” quand ils sont de droite, s’abstiennent ou refusent de prendre part au vote quand ils sont PS, votent contre quand ils sont PCF. Mais dans tous les cas, la chose se fait avec une discrétion exemplaire ! Nous appelons nos lecteurs à nous envoyer et à envoyer au site Droit de grève toute information sur ces “négociations” locales discrètes, qui y dit quoi réellement et qui y participe ou non.
Bref, une constatation résume tout : la préparation de l’application de la loi anti-grève dans les transports au 1° janvier prochain se fait dans l’opacité et le secret !
C’est à la fois pour nous un danger et un encouragement. Un encouragement, car cela montre qu’ils ont dû mettre la sourdine, mais sans renoncer à rien.
Ce qui est regrettable est que les confédérations, sans parler des partis de gauche, n’aient évidemment pas mis à profit la période des grèves du 18 octobre, du 20 novembre, des cheminots et des traminots, pour mettre cette question en pleine lumière. Ce sont l’Etat et les patrons qui veulent l’ombre, les travailleurs, eux, ne craignent pas la lumière et la transparence. Faire la lumière à fond, le 18 octobre et le 20 novembre, alors que les “négociations” sur cette question étaient soient suspendues (cars) soit non engagées (trains), aurait fait sauter le plan d’application de la loi. C’est comme ça qu’on aurait “rendu inopérantes les dispositions menaçant le droit de grève” …
Mais quand on ne veut pas centraliser le combat contre Sarkozy alors on tait les principaux axes de sa stratégie … surtout si on s’apprêtait à “négocier” sur les bases du gouvernement contre les régimes spéciaux …
Dans ces conditions, l’initiative de la section départementale de la FSU de l’Allier, de soutenir l’appel Le droit de grève n’est pas négociable, de diffuser à ce sujet un tract dans la manifestation du 20 novembre appelant à la 3° réunion du comité de mobilisation pour l’abrogation de la loi anti-grève dans les transports terrestres, doit être soulignée car elle fut de fait l’une des rares à rompre ce silence.
Une quarantaine de participants, responsables FSU bien entendu, mais aussi CGT (usine Potain, TOSS et éducation nationale), FO (Poste, Département, Equipement, Préfecture), SUD, militants communistes, socialistes, Verts, et aussi bien sûr des travailleurs et des citoyens “de base” dont plusieurs cheminots et retraités cheminots, des intermittents, des enseignants, des employés communaux … ont discuté de la loi anti-grève et de la situation politique et sociale. Il est apparu que beaucoup de gens connaissent en fait cette loi et s’en préoccupent, et reprochant aux syndicats de ne pas avoir assez donné l’alerte à son sujet. L’accord s’est fait sur l’importance extrême de cet enjeu dans la prochaine période. Lecture a en outre été donnée de l’appel de la Coordination étudiante de Tours, seul texte à donner une perspective aux mouvements sociaux au delà du mardi 20. Rendez-vous a été pris pour le 3 décembre où une conférence de presse se tiendra sur la défense du droit de grève.
Relançons la bataille, elle est centrale !